Insecte volant au nid dans la terre : guêpe, abeille ou bourdon ?

Un insecte volant dont le nid est dans la terre est le plus souvent une abeille solitaire ou une guêpe fouisseuse, deux espèces sans danger pour le jardin. Un va-et-vient dense et nerveux autour d’une seule entrée indique au contraire une colonie de guêpes, de frelons ou de bourdons, qu’il vaut mieux ne pas déranger. Pour trancher, observez trois indices à 2 ou 3 mètres : l’entrée du nid, l’allure de l’insecte et la fréquentation du trou.

Entrée du nid dans le sol : ce que le trou révèle

Regardez le trou avant l’insecte. Un orifice de la taille d’un crayon, entouré d’un petit monticule de terre fine, est typique d’une abeille qui creuse seule. Les trous voisins se multiplient souvent sur une pelouse sèche, un talus ou une allée en terre battue, chaque femelle ayant le sien.

Une colonie sociale se présente autrement : une seule ouverture, parfois masquée sous une dalle, une souche ou à la sortie d’un ancien terrier, que des dizaines d’insectes empruntent à tour de rôle. Le nombre d’entrées et leur fréquentation suffisent déjà à écarter la moitié des suspects.

Abeilles solitaires et andrènes : de petits volcans de terre

Les andrènes sont les abeilles qui laissent le plus de monticules dans les jardins. La France en compte 182 espèces, qui nichent volontiers dans les sols légers ou sableux, entre les pavés et au pied des arbustes. Elles sont velues, plus petites qu’une abeille domestique, et actives au printemps pendant quelques semaines seulement.

Chaque femelle aménage son propre terrier et y dépose des cellules garnies de pollen. Une abeille solitaire pique très rarement, car elle n’a aucune colonie à défendre. Ces pollinisatrices comptent parmi les insectes auxiliaires du jardin : le plus simple est de les laisser tranquilles le temps de leur vol.

Petits monticules de terre fine percés sur une pelouse rase

Guêpes fouisseuses : la chasseuse qui ravitaille son terrier

La guêpe fouisseuse est plus fine et plus lisse que l’abeille. On la reconnaît à son vol de navette : elle revient au trou en portant une proie, chenille, mouche ou araignée, qu’elle a paralysée pour nourrir sa larve. Elle vit seule et ne défend pas son nid avec agressivité.

Ce comportement rend la guêpe fouisseuse utile au jardin, puisqu’elle prélève des chenilles et des mouches. Son terrier se rebouche une fois la ponte terminée, et le site redevient banal quelques semaines plus tard.

Bourdon terrestre : une colonie discrète sous la pelouse

Le bourdon est gros, couvert de poils, avec un vol lent et un bourdonnement grave. Ses colonies sont établies sous terre, souvent dans une cavité abandonnée, et recréées chaque année. Il se montre très peu agressif tant qu’on n’approche pas de l’entrée.

Un insecte noir qui bourdonne près du sol n’est pas toujours un bourdon : les indices pour reconnaître un insecte noir bourdonnant aident à ne pas le confondre avec une guêpe ou une mouche. En cas de doute, la taille et la fourrure tranchent : un bourdon est rond et velu, une guêpe est lisse et rayée.

Nid de guêpes dans la terre et frelons : les colonies à ne pas approcher

La guêpe commune et la guêpe germanique installent volontiers leur nid dans un ancien terrier de petit mammifère, que les ouvrières agrandissent. Un nid achevé peut compter de 5 000 à 10 000 individus, et la colonie meurt au début de l’hiver. Le signe qui ne trompe pas est un va-et-vient continu et rapide autour d’une seule entrée.

Ces guêpes défendent leur nid avec vigueur et piquent plusieurs fois. Une tondeuse qui passe au-dessus d’une entrée suffit à déclencher une attaque. Ne bouchez jamais le trou et ne versez rien dedans : les insectes cherchent alors une autre sortie, souvent vers vous. Les solutions adaptées à un nid de guêpes au sol passent par un traitement ciblé, à faire de préférence par un professionnel.

Entrée d'un nid de guêpes au ras du sol vue à distance

Le frelon asiatique niche surtout en hauteur, mais une part des nids se trouve au ras du sol. On le distingue à son thorax noir et à ses pattes jaunes. Restez à au moins 5 mètres : les ouvrières deviennent agressives dans ce périmètre, et la destruction exige un équipement que ne remplace pas une tenue d’apiculteur ordinaire.

Fourmis ailées : le sosie qui disparaît en une journée

Par temps chaud et orageux, des dizaines d’insectes ailés sortent d’un même trou, puis plus rien. Il s’agit de fourmis en essaimage. Leurs antennes sont coudées et leur corps ne présente pas la taille marquée d’une guêpe.

Aucune intervention n’est utile : l’essaimage s’arrête de lui-même, et les fourmis ne forment pas de colonie volante qui reviendrait le lendemain.

Laisser, protéger ou faire intervenir selon l’insecte

Pour les abeilles solitaires, les guêpes fouisseuses et les bourdons, marquez la zone avec quelques piquets et évitez de tondre ras pendant quelques semaines. Les guêpes sociales près d’un passage ou d’une terrasse justifient l’appel à un désinsectiseur.

Pour un frelon asiatique, le nid se signale au Muséum national d’histoire naturelle par son formulaire en ligne sur l’INPN, ou par l’application Vigi’Frelon, puis un professionnel le détruit. Une fois les nids désertés, l’aération d’une pelouse tassée peut reprendre sans risque.

Un trou d’abeille ou de guêpe fouisseuse disparaît seul en quelques semaines, alors qu’un nid social reste actif jusqu’à l’hiver. Cette différence de durée est le dernier critère à noter avant de décider d’agir.

Nos partenaires :