Un bois laissé sans protection n’attend pas l’hiver pour se dégrader. Avant même d’avoir le temps de profiter de ce portail fraîchement posé ou de cette clôture en bois brut, les intempéries et les champignons s’invitent. Agir vite, mais agir bien : voilà l’équation. Miser sur des traitements naturels pour le bois, c’est préserver l’esthétique de son extérieur sans sacrifier la santé ni l’environnement. L’huile, le vernis, les lasures écologiques : ces solutions, loin d’être gadgets, offrent au bois une protection durable tout en valorisant ses veines et sa chaleur naturelle.
Protéger le bois avec des lasures écologiques : une alternative durable
La lasure a un rôle bien défini : elle fait barrage aux assauts du vent, de la pluie et du soleil, préservant le bois année après année.
Au-delà de cette barrière contre les éléments, la lasure prend en charge deux missions précises :
- Elle freine la prolifération des champignons et moisissures, véritables ennemis des bois extérieurs.
- Elle limite le dessèchement, évitant au bois de se fendre ou de devenir cassant.
Grâce à sa composition déperlante et microporeuse, la lasure laisse le bois respirer tout en l’empêchant d’absorber l’humidité. Un équilibre qui prévient l’apparition des taches, de la pourriture et des déformations.
Les produits naturels de finition, tels que les lasures écologiques, n’ont rien à envier aux solutions chimiques. Moins opaques que la peinture, mais plus simples à appliquer qu’un vernis, ils prolongent la vie du bois avec une manipulation à la portée de tous.
Deux familles de lasures synthétiques à connaître
- Lasures glycéros : Leur odeur puissante trahit leur origine. Riches en solvants et composés chimiques, elles garantissent une résistance longue durée, parfois dix ans ou plus, contre la pluie, les UV et les insectes. En contrepartie, elles sèchent lentement et posent des questions sur leur impact écologique et sanitaire.
- Lasures acryliques : Issues de la même famille que les peintures à l’eau, elles contiennent beaucoup moins de COV (composés organiques volatils) et polluent beaucoup moins l’air ambiant que les lasures glycéros.
La composition des lasures synthétiques : que retrouve-t-on dedans ?
Les lasures synthétiques mêlent produits pétrochimiques et additifs divers : résines acryliques ou alkydes, pigments pour la teinte et la protection contre les UV, agents destinés à repousser les insectes ou à limiter la moisissure, et des siccatifs pour accélérer le séchage.
À l’inverse, une lasure écologique doit exclure tout ingrédient interdit comme le lindane (banni en France depuis 1998), les solvants, les dérivés du pétrole ou les additifs chimiques nocifs.
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Les lasures éco-responsables misent sur des composants comme l’huile de lin, l’huile de soja, la cire d’abeille ou des extraits végétaux. Elles ne disposent pas de label universel, mais certaines sont certifiées « NF Environnement » ou arborent des labels privés.
Leur faible teneur en COV limite l’émission de polluants dans la maison ou le jardin, tout en assurant une efficacité de protection sans recours au pétrole.
Pourquoi choisir une lasure écologique ?
Opter pour une lasure écologique, c’est rendre hommage au bois : elle le met en valeur, le laisse respirer et évacuer l’humidité. Elle forme à la surface un film fin, imperméable à l’eau et à la poussière, mais qui laisse apparaître le veinage naturel et les nœuds du bois.
L’application se fait en couches fines avec une brosse adaptée. Pour obtenir une finition très lisse, on multiplie les couches en les affinant à chaque passage. Composées principalement d’huiles et de résines naturelles, ces lasures rivalisent en durabilité avec les alternatives chimiques.
Attention cependant : les lasures ne conviennent ni aux parquets ni aux escaliers, qui subissent des passages répétés.
Préparer le bois avant traitement : une étape à ne pas négliger
Lorsqu’il s’agit de traiter un bois non traité, l’utilisation d’une solution naturelle à base de sel de bore apporte une double protection : fongicide et antibactérienne. Voici les étapes à suivre pour bien préparer le support :
- Mélangez neuf volumes d’eau pour une portion généreuse de sel de bore.
- Déposez une première couche sur le bois à l’aide d’un pinceau, puis appliquez-en une seconde sans attendre que la première soit sèche.
- Laissez sécher à l’air libre.
Nettoyer le bois, première étape vidéo créative
Si la surface est simplement encrassée, un nettoyage à l’éponge avec un peu de savon noir suffit avant de laisser sécher.
Panorama des lasures écologiques
Plusieurs types de lasures naturelles cohabitent sur le marché. Petit tour d’horizon pour choisir celle qui conviendra à votre projet.
Lasure à la cire : brillance et protection
Les cires offrent au bois un aspect satiné, lumineux et chaleureux. Après un nettoyage énergique, une nouvelle couche suffit souvent à redonner de l’éclat sans ponçage. Appliquées au chiffon, elles ne s’écaillent pas et ne forment pas de bulles disgracieuses.
On les trouve en version « cire dure » pour les sols, ou incolores pour toutes les surfaces en contact avec les aliments.
Lasure à la cire d’abeille : idéale en intérieur
Parfaite pour les boiseries, les meubles ou le liège, la cire d’abeille protège, nourrit et donne au bois un toucher antistatique. Elle convient aussi bien pour les revêtements que pour les enduits à base de plâtre.
Lasure à la cire DjTaylor
Un litre de ce type de lasure couvre environ 13 m² et se vend aux alentours de 15 euros en magasin spécialisé.
Lasure aux agrumes : l’alliée du bois extérieur
Conçue pour résister dehors, elle confère à vos volets, fenêtres ou portails un aspect satiné tout en restant abordable, à l’image des lasures à la cire.
Lasure à la bière : la recette artisanale
Plébiscitée par les amateurs de solutions naturelles et personnalisables, la lasure à la bière est simple à confectionner. Mélangez un litre de bière avec 60 g de pigments naturels, comme de l’ocre. Pour une meilleure résistance aux intempéries, ajoutez un peu d’huile de lin, qui donnera également une finition légèrement teintée.
Lire la page suivante : Traitements à l’huile
Les traitements à l’huile : performance et naturel
Proches des cires par leur action de surface, les huiles protègent le bois contre l’eau, la poussière et le vieillissement. L’huile de lin, notamment, pénètre profondément dans les fibres et en bouche les pores.
Après application, les molécules d’huile de lin s’infiltrent lentement dans la matière, rendant le bois hydrofuge tout en le laissant respirer. Résultat : il résiste aux taches, à la poussière et ne se déforme pas sous l’effet de l’humidité.
Pour l’application, privilégiez une brosse large et plate, en couches fines. Certaines huiles peuvent foncer le bois ; l’usage d’un mélange à base d’huile de lin, d’essence de térébenthine et de siccatif sans plomb est courant pour doser l’intensité du résultat.
Miriam Dörr Martin Frommherz
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Les huiles dures sont idéales pour les parquets, meubles d’extérieur, terrasses ou plans de travail. Avec elles, le bois garde un aspect mat, brut, et ne glisse pas. Contrairement aux vernis, aucun film ne se forme en surface. Ces huiles permettent également d’obtenir une coloration intense, plus profonde qu’avec une lasure à la cire.
Autre atout : les huiles ne s’écaillent pas. Un simple nettoyage suivi d’une nouvelle couche suffit à régénérer la protection, sans avoir à poncer.
Lasure à l’huile de soja : polyvalente et saine
Utilisable en intérieur comme en extérieur, la lasure à l’huile de soja offre une finition satinée, microporeuse et antistatique. Elle ne contient ni solvants ni agents desséchants. Sa base : huile de soja, pigments minéraux, et quelques ingrédients naturels triés sur le volet.
On trouve aussi des lasures au goudron végétal, idéales pour les bois en contact avec le sol (pieux, clôtures, terrasses). Ce type de produit, vendu autour de 8 à 9 euros le litre, couvre 12 m² par litre.
Lasure maison à l’huile de lin et térébenthine
Pour les adeptes du « fait maison », il suffit de mélanger une dose d’huile de lin à une demi-dose d’essence de térébenthine, qui facilite la pénétration du mélange dans le bois.
Adaptez la proportion de térébenthine selon la dureté du bois. Un bois dense comme le chêne demandera un peu plus de diluant pour bien absorber la préparation.
Pensez à porter des gants lors de la manipulation, l’essence de térébenthine pouvant irriter la peau.
Sel de bore : l’option contre les xylophages
Le sel de bore est transparent, soluble dans l’eau, et protège efficacement contre les insectes du bois et les champignons. Il convient parfaitement aux charpentes et ossatures, mais ne protège pas contre les termites.
Avec le temps, les vernis et lasures finissent par s’écailler. À ce moment, il suffit de poncer à nouveau et de renouveler le traitement.
Quels produits naturels et écologiques choisir ?
De nombreux fabricants proposent aujourd’hui des alternatives naturelles pour les meubles et finitions en bois. On peut se tourner vers des marques comme Auro, Biofa, Biopin, Livos, Lasural de Natura ou L’Arbre de Noé. N’hésitez pas à demander conseil en boutique spécialisée !
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