Adopter les bons gestes pour soigner une plante carnivore

Une plante carnivore qui survit à l’hiver breton sans sourciller : voilà de quoi bousculer quelques certitudes. Depuis dix ans, Catherine et Matthieu Jehanne travaillent avec leur passion pour les plantes carnivores faciles à cultiver… ou non. Votre pépinière, Carniflore, est située en Bretagne.

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Isabelle Morand L’année dernière, ils ont repris la collection de l’enseignant de maternelle Jean-Jacques Labat, qui complète harmonieusement leur univers. Leur mission : rappeler que les plantes carnivores ne sont pas les êtres délicats qu’on imagine. Quatre genres, quatre tempéraments, et autant de preuves que la robustesse n’est pas l’apanage des classiques du jardin. Matthieu en a fait l’expérience après avoir vu dépérir sa première carnivore offerte ; il s’est plongé dans la recherche, cherché à comprendre pourquoi tant de conseils flous circulent, et s’est laissé happer par la curiosité. Résultat : il n’a jamais quitté le monde fascinant de ces chasseuses végétales.

Saracenia : la carnivore qui prend de la hauteur

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Sarracenia flottement ‘Maxima de Slack I. Sarracenia figure parmi les favoris de la pépinière. “C’est une plante bien plus simple à cultiver qu’on ne le croit !” affirme Matthieu. Et ses fleurs printanières attirent immanquablement les regards. Les Sarracenia proposés passent toute l’année dehors, capables de résister à des gels brefs jusqu’à -15°C. On peut les installer dans de petits pots ou créer une mini-tourbière. Certains clients récupèrent d’anciens bassins, réaménagent une zone humide et y rassemblent Sarracenia, orchidées et autres plantes de bord d’eau. Le résultat ? Une végétation dense, singulière, qui attire les curieux et titille la biodiversité locale.

On connaît mal ce genre, qui va de la minuscule S. psittacina à la majestueuse S. flava, pouvant culminer à un mètre lors de la floraison. Toutes partagent un mode de capture d’insectes bien à elles : un tube glissant, où l’animal s’égare avant d’être digéré par des enzymes.

Pour bien les cultiver :

  • Un substrat acide, pauvre, composé majoritairement de tourbe blonde et de perlite ou de sphaigne
  • Beaucoup de lumière, plein soleil
  • Arrosage à l’eau de pluie ou à l’eau déminéralisée

Avec ces quelques règles, Sarracenia s’invite facilement dans le quotidien du jardinier, même débutant.

Mini carnivores utriculaires : minuscules mais redoutables

Isabelle Morand Les utriculaires forment un genre étonnamment vaste, avec environ 180 espèces, du format millimétrique à une dizaine de centimètres de haut. On les rencontre en zone tempérée ou tropicale, ce qui influe sur leur résistance au froid. Les fleurs, parfois minuscules, émergent à peine du feuillage ou s’élancent jusqu’à 70 cm chez les variétés tropicales, souvent à la fin du printemps ou en automne. Utricularia peut vivre sur terre, perchée sur d’autres plantes ou même en milieu aquatique.

Leur mode de capture est d’une efficacité redoutable : un minuscule piège aspire une larve en un battement de cil, littéralement en un millième de seconde.

Pour réussir leur culture :

  • Certaines espèces s’acclimatent très facilement (U. livida aux fleurs violettes et jaunes, U. sandersonii au blanc délicat)
  • Températures idéales : entre 5°C et 30°C
  • Grande luminosité
  • Arrosage à l’eau déminéralisée, substrat toujours humide, même en hiver

Dionée attrape-mouches : vedette auprès des enfants

Dimitri Kalioris Originaire des États-Unis, la Dionée (Dionaea muscipula) n’existe que sous une seule espèce dans la nature. Son piège fascine autant qu’il impressionne. Inutile cependant de provoquer la plante pour voir ses “dents” claquer : cela l’épuise et ralentit sa croissance. Charles Darwin la décrivait déjà comme “l’une des merveilles du monde végétal”, et il n’exagérait pas.

Il existe quantité de variétés, mais toutes ne présentent pas un réel intérêt horticole. Matthieu privilégie celles aux couleurs franches ou aux formes originales : ‘Justina Davis’ et ses pièges vert clair, ‘Darwin’ pouvant atteindre 5 cm, ou encore ‘Venus Rose’, intégralement rouge au soleil.

Conseils pour bien l’installer :

  • Exposition plein soleil
  • Substrat composé de 70% de tourbe blonde et 30% de perlite
  • Maintenir l’équivalent de 3 à 4 cm d’eau (de pluie ou déminéralisée) en permanence dans la soucoupe
  • Éviter de toucher les pièges pour ne pas gêner la croissance

Nepenthes : l’urne fatale

I. Morand Parmi les plus fascinantes, les Nepenthes déploient leurs urnes redoutables. Certaines espèces d’Asie poussent en altitude et encaissent des températures négatives (jusqu’à -10°C), tandis que d’autres, originaires de plaine, ne supportent pas moins de 18 à 20°C toute l’année. En culture, la plupart apprécient un intérieur lumineux mais sans soleil direct. Dès que le risque de froid s’éloigne, on peut les sortir à l’ombre d’un arbre, à l’abri du vent.

Ces plantes carnivores faciles à cultiver capturent les insectes volants, mais chez certaines, les urnes accueillent parfois de minuscules mammifères égarés.

Pour leur offrir les meilleures conditions :

  • Substrat léger, bien drainant : tourbe pure ou mélangée à la perlite, tourbe fibreuse ou coco
  • Humidité constante, mais sans excès d’eau stagnante

Plus d’informations sur la pépinière et les plantes sont ici !

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À regarder une Sarracenia se dresser ou une Dionée claquer ses pièges, on comprend vite que la frontière entre l’ordinaire et l’étrange s’efface. Oser les carnivores au jardin, c’est inviter l’extraordinaire sur ses rebords de fenêtre, et laisser la curiosité prendre racine.

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